Cette question sera essentielle lors d’une évacuation sans moyen de locomotion. Et la réponse dépend de nombreuses choses !

Vitesse de marche

Tout d’abord j’aimerais casser le mythe de la marche à 5 km/h. Sachez que si vous n’êtes pas spécialement entraînés, que vous êtes un peu chargés et que vous marchez longtemps, vous n’irez jamais aussi vite. A moins que vous vouliez vous blesser. Vous savez sans doute qu’avant la révolution on utilisait la lieue comme unité de mesure. C’était clairement une période où l’on se déplaçait beaucoup plus à pied qu’aujourd’hui. Vous ne le savez peut-être pas, mais la lieue était définie comme la distance que pouvait parcourir un homme à pied en une heure. La valeur de la lieue a pas mal varié au cours des siècles, en gros entre 3,2 et 4,6 km, seulement ! C’est donc plus sur une moyenne de 4 km/h qu’il faut prévoir son programme. Au dessus de 4,5 km/h vous aurez déjà l’impression de forcer le pas. A 3,5 km vous serez tranquilles, mais à cette allure vous mettrez beaucoup de temps à parcourir une longue distance en une journée ! Personnellement, pour une même distance, je préfère me forcer à marcher un peu plus vite (environ 4,5 km/h) et marcher moins longtemps plutôt que de marcher lentement et perdre un temps précieux pour installer son campement par exemple !

L’importance de la durée totale de la marche

Vous ne parcourrez pas du tout la même distance à pied par jour suivant la distance totale que vous avez à parcourir. Ce à quoi il faut penser, c’est à la récupération : si vous n’avez que 80 km à parcourir, vous pourrez le faire en deux jours, vous serez morts après, mais vous serez arrivés donc vous pourrez vous reposer. Si au contraire vous devez marcher 200 km et que vous commencez par faire 80 km en deux jours, vous ne pourrez pas vous reposer, vous serez cassés et vous ne ferez pas plus de 15 km le lendemain : c’est débile !

Personnellement, je considère qu’une marche est longue à partir d’environ 5 jours. A partir de cinq jours vous aurez besoin de prendre un rythme raisonnable si vous voulez tenir, ne serait-ce que mentalement. Pour une marche longue vous pouvez marcher entre 7 et 8 h par jours sans problème. Par ailleurs, en général, si vous partez marcher plus longtemps, vous aurez aussi un sac plus lourd, ce qui vous ralentira.
Si vous avez moins de distance à couvrir, vous pouvez forcer : j’ai des amis qui ont fait 90 km en moins en 48 h. C’était dur, évidemment, mais c’est faisable en cas d’urgence ! A ce moment-là vous passerez plutôt 11-12 h à marcher chaque jour. En gros vous marcherez dès que vous ne dormez pas et vous réduisez considérablement les pauses.

L’importance du relief

Je me suis déjà fait avoir une fois, ne sous-estimez pas le relief, il vous ralentira énormément. Avec un sac de 15 kg en plaine, à raison de 7h de marche par jour à 4,5 km/h, vous parcourrez sans trop de problème 30 km/j. En revanche, dans un paysage vallonné vous irez déjà moins vite. Les montées vous ralentiront et les descentes vous casseront les jambes. Misez plutôt sur du 3,5 km/h. A la montagne, si vous faites beaucoup de dénivelé, votre distance par jour va complètement chuter : en marchant 7 ou 8 h par jour, vous n’arriverez sans doute pas à parcourir plus de 15 à 20 km par jour.

Distance moyenne parcourue en une journée (à un bon rythme)

 Marche courte
(1 à 2 j)
Marche moyenne
(3 à 4 j)
Marche longue
(> 5 j)
Plaine40-45 km30-35 km
25-30 km
Collines35-40 km25-30 km20-25 km
Montagne25-30 km20-25 km15-20 km

L’importance de la saison

Tout d’abord, le soleil est un facteur clé de la marche : c’est la chaleur et la lumière gratuites. Au solstice d’été, fin juin, il s’écoule plus de 15 h entre le lever et le coucher du soleil, ce qui vous laisse énormément de temps pour marcher et pour installer un bivouac. En été évitez de marcher le midi car il fait généralement très chaud. Au solstice d’hiver, fin décembre, vous aurez moins de 9 h de soleil par jour. Si vous marchez 8 h/j et qu’il vous faut une heure en tout pour démonter le campement le matin et l’installer le soir vous voyez qu’il ne vous restera pas de soleil. En pratique en comptant les pauses et les éventuels imprévus, vous finirez souvent votre journée à marcher de nuit ce qui est assez désagréable. Il est aussi plus dur de trouver un bon endroit pour s’installer et trouver du bois à la lampe frontale qu’en plein soleil !

Organiser sa journée de marche

Il est aussi très important de bien définir votre planning pour la journée de marche. Personnellement, j’aime bien couvrir le maximum de distance le matin, car je sais qu’en cas de pépin, j’aurai plus de temps pour y remédier l’après-midi ou le soir. En général je me lève en même temps que le soleil (ça permet de bien voir si vous n’oubliez rien sur place en démontant votre campement) et j’essaye de marcher cinq heures avant le déjeuner. Il est très rassurant de savoir que vous avez déjà parcouru la moitié de votre distance quotidienne le midi. L’après-midi j’essaye de repartit tôt, pour pouvoir arriver le plus tôt possible le soir et pouvoir m’installer le plus confortablement pour la nuit. Évitez de faire trop de pauses et des pauses trop longues. Une pause toutes les deux heures peut suffire. Évitez de vous asseoir pendant les pauses : retirez votre sac, mangez un petit truc, buvez un peu et vous vous sentirez déjà beaucoup mieux. Si vous avez un coup de mou pendant la marche vous pouvez aussi manger ou boire un peu, sans vous arrêter, ça vous requinquera. Et ça vous évite la petite baisse de moral au moment de repartir après avoir fait une pause.

Voilà l’essentiel selon moi ! Après il faut savoir vous adapter à la situation, à votre chargement, aux personnes avec qui vous voyagez, aux éventuels handicaps etc… Je voulais juste vous donner une idée de ce qui peut être fait en temps normal.

N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous voyez quelque chose à ajouter ou si vous n’êtes pas d’accord avec mes estimations ! Suivez-nous sur Facebook pour être informés de nos nouveaux articles dès leur publication !

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25 COMMENTAIRES

  1. Animateur de randonnée , je me retrouve tout à fait dans ces chiffres….là , il n’y a que l’expérience pour le confirmer .
    Merci pour le tableau précis et tout à fait représentatif .

    • Bonjour Jean-Luc,

      Je suppose que ça existe mais il me semble plus simple de retenir à peu près vers quelle heure se couche le soleil en fonction de la saison, vu que ça change très peu chaque jour… A mon avis pas besoin d’avoir un gadget supplémentaire pour ça.

      A bientôt !

  2. J’ai fait beaucoup de marches longues : 1600 km en 40 jours (moyenne de 40 km par jour) et 200 km en 40 heures de suite.
    Pour moi, l’essentiel c’est le sac, les chaussures et les mesures anti courbatures.

    Ces distances sont faisables avec des sacs très légers (moins de 5 kg). Le mien fait 5 kg et il me permet d’être totalement autonome pendant 72h. Maintenant, si vous prenez un sac de 10 ou 15 kg, là clairement vous allez revenir sur les moyennes mentionnées.

    Sur les chaussures, il faut en prendre des légères. 50 km c’es t environ 60 000 pas. Donc 60 000 fois une chaussure lourde c’est beaucoup plus pénalisant que 60 000 fois une chaussure légère. Après le seul bémol c’est le risque de foulure. A vous de voir si vous avez la cheville fragile ou pas. Il peut être aussi utile de se faire faire des semelles orthopédiques car sur longue distance, tous vos soucis sont décuplés.

    Sur les mesures anti courbature, c’est ^pour moi la priorité numéro 1 – Il faut boire énormément (1 litre par heure s’il fait chaud). S’étirer autant que possible. Des mesures complémentaires peuvent être prises comme les cataplasmes (ou infusions) d’argile. N’oubliez pas que la suite des courbatures ce sont les tendinites et une tendinite c’est entre 3 et 5 JOURS D’IMMOBILISATION TOTALE

  3. Bonjour,
    Je parcours votre site qui est effectivement très bien fait, et j’ai rajouté grâce à vous quelques articles à ma liste.
    Juste un petit « bémol » : vous êtes un site survivaliste, mais vous partez du principe que vous êtes seul, ce qui est rare à mon sens. Pour ma part, et comme certainement d’autres qui vous lisent, je suis une mère de famille, et j’ai 2 enfants (14 et 11 ans à ce jour). Je ne connais aucun parent qui laissera ses enfants derrière lui. Mon mari tiendra le rythme, moi déjà surement moins, mais avec des enfants, il est clair que je ne les vois pas faire autant de kms par jour.
    Sinon je suis en train de faire les sacs pour tout le monde « au cas où », et je réitère mes remerciements, il y a quelques trucs importants que j’aurai oubliés (et notamment les bracelets de survie, bien utiles j’en suis sure !).
    Voilà, donc si de temps en temps vous pouvez rajouter une petite ligne pour les enfants, quand il y a lieu bien sur (le bon sens doit rester de mise et beaucoup de vos articles s’appliquent à eux aussi), ce serait sympa 😉

  4. Bonjour,

    Très intéressant votre article, mais vous oubliez de préciser une chose importante : les valeurs que vous rapportez concerne des hommes, et jeunes ! il serait utile de préciser que les variantes individuelles peuvent être importantes. Je suis une femme de 57 ans, j’ai l’habitude de randonner, mais pas plus de 6h par jour, 8h maxi, à une moyenne de 3 ou 4 km/h (j’ai été grande fumeuse longtemps) sur terrain « ordinaire » genre collines. Quant au sac à dos, 10 à 12 kg pour moi sont le maximum possible.
    Résultat, sur toutes les estimations, en général avant de me lancer je multiplie ce que je vois par 1,5 pour avoir une idée (assez large) de ce à quoi je peux m’attendre pour mon cas perso.
    Merci d’y penser dans vos futures articles !

    • Effectivement, tous ces chiffres sont valables pour quelqu’un de jeune, et en bonne santé physique moyenne. Cela étant dit, je pense qu’ils peuvent également être bons pour une jeune femme si elle est un peu sportive (mais bon, si on veut pouvoir se débrouiller seul un jour, être un minimum sportif est une nécessité). Avec l’âge, évidemment, ces chiffres diminuent lentement.
      Merci pour toutes ces précisions, et sur le retour de votre expérience personnelle !

      Nous serons plus explicites à ces sujets dans nos futurs articles !
      A bientôt sur notre site,
      Paul.

  5. Perso. À l’armée j’ai déjà tapé une marche de 120km en trois jours sans compter les kilomètres de retour en arrière pour sortir un véhicule enlisé dans la boue et la neige… le tout en montagne ! Col du bonhomme Vosges. Ce que nous appelons le raid képi. Comme une récompense de clôture de fin de promo et qui fait de vous un véritable… soldat! C’est au mental que ça se passe et dans quel état vous finissez! C’est débile et ça ne sert à rien car vous êtes tellement mal à l’issue que je doute que le soldat ne puisse combattre à l’issue… ni d’ailleurs marcher une journée de plus!

      • pareil, canjuers !! depuis j’ai fait des 100km en 3jrs ( 24h effectives de marche ) ou des 150km en 4jrs
        tout seul, en revanche je suis autonome en marche. petit sac a dos 30l , abri tarp , réchaud alcool..
        dans ma région il y a quelques sites de formation militaire et j’en double souvent dans les bois, le soir, la nuit etc… ils sont tellement surpris qu’ils en oublient de se planquer.. mdr

        pour répondre à Loonis, je t’assure que l’on peut envisager une situation de combat, tactique ou non après des marches de 100 bornes, tout est dans la logistique !

        Pat

  6. Bonjour je me suis lancé un défi de faire 900 km pour aller la ville de Laon dans laine à Marseille.
    Auriez-vous des conseils à me donner?
    En faite voilà pour vous expliquer un peu je postule pour un emploi dans différents hôpitaux à Marseille depuis quelques mois et la réponse est toujours négative à cause de la distance c’est pour cela que j’ai décidé de m’y rendre à pied pour leur prouver que la distance n’arrête pas quelqu’un qui veut travailler .

    • Bonjour et félicitations de te fixer un objectif aussi élevé !
      Le seul conseil que je puisse te donner pour une marche aussi longue est de ne pas être trop gourmand. Vise des courtes distances au début (environ 20 km/j) pour ne pas te flinguer. Le début de ta marche te servira d’entraînement pour la suite. Essaye donc de ne pas forcer les deux premières semaines pour bien t’habituer et ensuite tu pourras revoir les distances légèrement à la hausse au fur et à mesure.
      Bon courage et n’hésite pas à nous raconter ton périple, pendant ou après !

  7. bjr,
    je tiens un garage a bizanos (64) et je minteresse donc pas mal a tous ce qui est véhicule. Je suis tomber sur votre site et jai pensé a cet article que javais lu: http://www.caradisiac.com/Hauk-Designs-fait-du-tuning-survivaliste-102501.htm qui presente un exemple de véhicule survivaliste

    etes -vous en mesure de parler de lutilisation des vehicules dans le cadre survie? cest une question que je metais posé depuis plusieurs années en arrière. Jaimerais prendre un peut de temps pour retaper une jeep ou une P4 et en faire un vrai véhicule survivaliste

    cdt

    • Bonjour,
      Concernant l’utilisation de véhicules, vous n’êtes pas le premier à nous en parler. Il est évident que dans le cas où on doit se déplacer beaucoup (migration pour éviter un conflit par exemple) ils peuvent avoir de forts avantages (mais pas que : manque de carburant, envieux, manque de discrétion…). Cela mérite effectivement d’être traité. Nous y réflechissons et nous nous renseignons sur ce sujet !
      Si, de votre côté, vous avez des conseils, des remarques ou des informations qui vous semblent utiles (notamment sur l’aspect mécanique, que nous connaissons assez mal) nous sommes preneurs ! Je vous envoie un mail pour en parler directement.
      Merci pour votre commentaire.
      Paul.

      Edit: votre adresse mail semble ne pas fonctionner… Pouvez-vous m’en donner une valide ou nous contacter directement via le formulaire du contact du site? Merci !

  8. Merci pour tes conseils, nous en tiendrons compte.
    J’espère que tu as liké notre page facebook pour être au courant des futures publications !
    Concernant une éventuelle évacuation liée aux grandes marées, je te conseillerais de partir en vélo (ou moto) plutôt qu’à pied si tu ne peux pas te servir d’une voiture 😉
    Le voyage à pied, très lent, doit toujours être employé en dernier recours à mon avis en situation d’urgence.

    • Je suis d’accord. Personnellement quand je voyage à vélo sur plus de 500 km, avec 30 à 40 kg de bagages tout compris, je fais entre 90 et 120 km par jour sur des chemins. Je n’emprunt jamais les routes ou le moins possible et je ne croise presque personne. A pieds ce serait 3 à 4 fois plus long

  9. Hugues,
    Merci pour ta réponse rapide et précise.
    Je t’avoue que tes conseils sont précieux en ces temps mouvementés. Comme tu le sais sans doute, les coefficients des marées sont particulièrement importants en ce moment, et, résidant dans une petite commune du pays basque, je n’exclue pas de devoir me lancer dans un tel périple pour fuir les flots.

    Je me permets une suggestion pour enrichir le contenu de ton site : tu semble connaître des personnes très initiées au survivalisme, je me dis qu’une interview de temps à temps pourrait se révéler particulièrement instructive.
    J’ai eu cette idée en pensant par exemple au groupe d’amis auquel tu fais référence.
    Qu’en penses tu ?

    Quoi qu’il en soit bravo pour ton initiative, j’attends les nouveaux articles avec toujours autant d’impatience.

  10. J’avoue que 90 km en deux jours, je suis assez impressionné.
    En l’occurrence, quelles chaussures avaient ils utilisés ?
    Dans ce cas, est-il possible de porter une tente, ou mieux vaut il s’alléger au maximum ?
    Merci d’avance pour vos conseils.

    • C’était des amis militaires donc ils ont fait ça en Rangers ! Je le répète pour moi ce sont de très bonnes chaussures, j’ai même écrit un article dessus !
      Pour ce qui est de l’allégement oui il faut s’alléger mais il est essentiel de garder une tente, à moins d’être sûr d’avoir un abri pour dormir. Il ne sert à rien de prendre des vêtements de rechange typiquement pour une marche un peu extrême comme ça mais sans abri pour dormir entre les deux jours de marche, s’il pleut c’est mort. Après une nuit sans sommeil il sera très dur d’enchainer 40 ou 45 bornes.
      N’hésite pas à poser d’autres questions 🙂

    • Bonjour, mon mari a parcouru à pied120 kilomètres en 24 heures non stop, à l’âge de 69 ans mais avec un sac à dos très léger !
      Nos petits enfants âgés de 7 et 9, avec un sac à dos d’environ 3 kg ont parcouru 114 kilomètres en cinq jours sur le chemin de compostelle en avril 2016.
      Samedi 30 avril 2016, .ils ont voulu battre leur record de distance qui était de 29 kilomètres..
      Ils sont partis de chez nous à Maubeuge accompagnés de mon mari avec leur sac à dos et en passant par la voie vert ils sont arrivés chez leurs grands parents paternels après avoir parcouru 34 kilomètres.
      Ils ont démarré à huit heurs et sont arrivés vers 18h30.
      Ils chaussent des chaussures tout terrain (montagne) mais très légers.

  11. Merci pour ton commentaire.
    Effectivement ici je parle du cas ou on marche sur des sentiers praticables. Si on sort des chemins et qu’on coupe à travers champs, forêts ou quoi que ce soit effectivement la distance parcourue chute énormément, même sur un terrain plat ! A ce moment là l’approximation « montagne » devient raisonnablement la plus pertinente.

  12. On sent l’expérience qui s’exprime.
    En forêt, j’arrête la marche 3h avant le couché du soleil pour préparer le camps, rapprocher du bois, préparer le confort. En forêt, je marche comme en montagne. 10 à 20 km par jour au max. On se prend les pieds dans des branches, se retrouve devant des ravins, etc…

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